L’artificialisation des sols : Parlons-en !

 

L’artificialisation a des conséquences lourdes et quasi-irréversibles

L’artificialisation consiste à transformer un sol naturel, agricole ou forestier, pour l’affecter à l’édification de bâtiments, de routes, d’équipements publics, etc.
« En France, entre 20 000 et 30 000 hectares sont artificialisés chaque année. Cette artificialisation augmente presque 4 fois plus vite que la population, et a des répercussions directes sur la qualité de vie des citoyens mais aussi sur l’environnement. » (https://www.ecologie.gouv.fr)
L’artificialisation des sols n’est pas sans conséquences.

Perte de biodiversité et de tissu vivant

L’effet immédiat est la perte de tout ce qui vivait sur le sol et dans le sol, puisque le sol est défriché, creusé, dénaturé. Il est ensuite imperméabilisé par la construction, ce qui fait disparaître l’habitat d’espèces végétales et animales, qui sont contraintes de se déplacer, se concentrer ailleurs, voire à quitter le territoire. C’est une partie du tissu vivant de la planète qui disparaît.

Amplification du risque d’inondation


Bien évidemment, un sol imperméabilisé n’absorbe plus l’eau de pluie et favorise le ruissellement. L’artificialisation des sols entraîne donc une perte de surface d’absorption des eaux de pluie. En cas de fortes pluies, comme celles que nous avons connues au début des années 2000, les parties les plus basses de la station sont inondées, y compris les habitations qui y sont implantées. Comme le niveau de la nappe phréatique est appelé à s’élever, c’est le risque d’inondation qui va s’amplifier. Consultez donc vos actes notariés, et vous constaterez que ce risque est historiquement présent dans une bonne partie de la station. Ce risque, avec la montée des eaux va s’accroître et s’étendre à d’autres parties, plus élevées du territoire.


Contribution au réchauffement climatique


L’un des rôles du sol, et des végétaux qui le peuplent (en particulier les arbres),  est d’absorber et séquestrer le CO2 (dioxyde de carbone). En artificialisant le sol, ce sont donc des surfaces d’absorption et de séquestration du CO2 qui disparaissent.  Or, il y a un besoin important et urgent de réduire le CO2 produit sur la planète, afin de réduire le réchauffement climatique. Qui plus est, la croissance des végétaux, tout en absorbant le CO2, produit de l’oxygène, que nous respirons pour vivre.


Effet direct sur l’attractivité de la station

Le sol vivant structure nos paysages, par les arbres et autres végétaux qu’il produit. L’artificialisation déstructure, dégrade, voire mutile nos paysages, si un certain équilibre entre sol vivant et sol artificialisé n’est pas respecté. Alors que dans les villes, un effort est fait pour végétaliser les sols pour des raisons sanitaires et esthétiques, dans notre station, il n’y a aucune politique pour sauvegarder cet équilibre. Des milliers d’arbres ont été abattus récemment sur les terrains de golf, des centaines le sont pour des constructions qui seront occupées quelques jours par an !

Ce qui fait encore le charme de la station, attire touristes et nouveaux candidats à la résidence, est un certain équilibre entre environnement artificialisé et environnement naturel, un niveau acceptable de taille et de hauteur du bâti. Par la multiplication des constructions de plus en plus vastes, de plus en plus hautes, par la substitution d’immeubles collectifs (même si elles sont appelées « villas ») aux anciennes villas, ces équilibres tendent à être rompus. Sans une politique sérieuse de régulation, c’est le niveau d’attractivité de la station qui risque d’être dégradé !

Il y a encore trop d’espaces naturels à Hardelot ?

Le 29 juin 2020, un nouveau permis de construire à été accordé par la commune à la Compagnie Immobilière d’Hardelot. Il s’agit de 4 « résidences » de 27 appartements chacune, autrement dit 4 nouveaux immeubles, sur une surface d’un peu plus de 13 000 m2 avec garages en sous-sol, sur 2 niveaux.

Ces immeubles seraient implantés entre le Grand Large et Plein Sud, perpendiculairement à la digue. Ils comporteraient 4 niveaux, le 3ème étage culminant à un peu plus de 12 m.

Certains riverains s’émeuvent en raison de cette nouvelle artificialisation des sols et de la perte d’un nouvel espace naturel en bordure de mer. Le mur de béton qui borde notre littoral serait ainsi terminé. L’étape suivante consistera à poursuivre les constructions derrière ce mur jusqu’à l’allée des Courtilles. L’appétit du promoteur est insatiable. Quand le terrain de jeu de notre station n’offrira plus d’espace naturel à construire, ce promoteur nous quittera probablement pour d’autres opportunités, mais nous laissera une station complètement transformée. Les élus successifs de la commune auront apporté leur appui à cette transformation. Si les résidents ne réagissent pas, ils auront apporté leur caution. Qui ne dit mot consent ! L’enjeu est de taille, cette problématique mérite au moins une réflexion individuelle et collective sérieuse.

Finie la concertation !

Sous prétexte de « lourdeur administrative », alors que le gouvernement met en avant le débat national, et la démocratie participative, le principe de l’enquête publique qui présidait pour tous les projets touchant l’environnement a été supprimé pour 3 ans, à titre expérimental … en Bretagne et dans les Hauts de France ! Voir l’article du Canard Enchaîné ci-dessous.

https://hardelot-opale-environnement.fr/wp-content/uploads/2019/03/Affichage-PC-décret-2018-copie.pdf